Institut Marcel Liebman

Vidéo de la Chaire Marcel Liebman (3/3) « Israël-Palestine. Les mémoires de la Catastrophe à l’épreuve de l’histoire des génocides » avec Aurélia Kalisky 13 mai 2025


Leçon 4 : Injustice épistémique et régimes du sensible : le paradoxe d’un génocide invisible et assumé

Pour l’année académique 2024-2025, la Chaire Marcel Liebman a été occupée par Aurélia Kalisky pour une série de quatre cours sur le thème Israël-Palestine. Les mémoires de la Catastrophe à l’épreuve de l’histoire des génocides.

Aurélia Kalisky est chercheuse en littérature comparée au Centre Marc Bloch (CMB Berlin) où elle dirige le projet FIMEMO sur les premiers savoirs de la Shoah et du génocide des Tutsi au Rwanda. Chercheuse invitée dans le collège « Pratiques culturelles de la réparation » (CURE), enseignante à l’Université de Saarbrücken et membre fondatrice des PJA (Palestinian and Jewish Academics in Germany).

La dernière leçon (vidéo 3/3) est intitulée « Injustice épistémique et régimes du sensible : le paradoxe d’un génocide invisible et assumé ».

Présentation par Aurélia Kalisky : « Dans cette dernière leçon, je reviendrai d´abord sur l´histoire des luttes pour la reconnaissance de l´histoire palestinienne et des mémoires transcoloniales, à replacer dans les histoires et les mémoires postcoloniales depuis les années 1950-60 et les luttes pour les droits civiques et l´égalité et les combats antifascistes aux Etats-Unis et en Europe, soit dans des combats qu´on peut dire à la fois multidirectionnels et intersectionnels. Il sera également question de l´histoire des communautés judéo-arabes et la diversité des approches du sionisme et de l´antisionisme parmi les populations et communautés juives en Israël et dans la diaspora. Ensuite, je voudrais réfléchir à l´épistémologie et l´ordre des savoirs occidentaux, en interrogeant les formes de propagande produites par l´Etat israélien (Hasbara), le rôle actuel de l´instrumentalisation de l´antisémitisme. Nous nous demanderons ce que peut signifier aujourd´hui une véritable décolonisation des savoirs capable de prendre en compte ces histoires et mémoires marginalisées ou frontalement niées au sein d´un ordre des savoir déterminé par une forme d´injustice épistémique. Ceci m´amènera pour finir à interroger le phénomène le plus inquiétant qui caractérise le moment présent : le passage de stratégies de négation, d´euphémisation, de justification et de relativisation des crimes perpétrés en Palestine/Israël à un racisme anti-arabe, anti-musulman et antipalestinien assumé qui proclame son objectif génocidaire. Quel régime de (in)visibilité et de partage du sensible (Rancière) rend possible la commission du crime de génocide, quotidiennement attesté, documenté, photographié et filmé ? Que signifie pour nous aujourd´hui être « témoins » d´un génocide ? »

La Chaire Marcel Liebman s’est tenue du 8 au 13 mai 2025 à l’Université libre de Bruxelles.

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