Institut Marcel Liebman

Vidéo de la Chaire Marcel Liebman (1/3) « Israël-Palestine. Les mémoires de la Catastrophe à l’épreuve des génocides » avec Aurélia Kalisky 8 mai 2025


Pour l’année académique 2024-2025, la Chaire Marcel Liebman a été occupée par Aurélia Kalisky pour une série de quatre cours sur le thème Israël-Palestine. Les mémoires de la Catastrophe à l’épreuve de l’histoire des génocides.

Aurélia Kalisky est chercheuse en littérature comparée au Centre Marc Bloch (CMB Berlin) où elle dirige le projet FIMEMO sur les premiers savoirs de la Shoah et du génocide des Tutsi au Rwanda. Chercheuse invitée dans le collège « Pratiques culturelles de la réparation » (CURE), enseignante à l’Université de Saarbrücken et membre fondatrice des PJA (Palestinian and Jewish Academics in Germany).

Cette première leçon (conférence inaugurale) a pour titre Le concept de « génocide » en question : approches interdisciplinaires . La violence qui s’est déployée en Israël depuis le 7 octobre dernier, mais aussi bien en amont de cette date, est qualifiée de (plausiblement) génocidaire par un grand nombre de juristes et d´ONG ainsi que par les plus hautes instances juridiques internationales. En comparant non seulement les catastrophes historiques, mais aussi les débats et les discours des dernières décennies concernant d’autres crimes contre l’humanité et génocides en relation avec la colonisation, la décolonisation et le colonialisme de peuplement, je voudrais montrer en quoi le concept de « génocide » est à la fois extrêmement problématique et absolument indispensable dans la situation actuelle, où la remise en question du droit international a engendré un danger peut-être sans précédent depuis 1945. J´expliquerai notamment comment l´appréhension du « génocide » comme forme de violence spécifique doit aussi s´accompagner de la reconnaissance des savoirs sur la Catastrophe (la Shoah et la Nakba). À partir d’une histoire culturelle, religieuse et politique de l´histoire, de la mémoire et de l’identité juives en continuité, mais aussi en rupture avec la mémoire et l’identité israéliennes, je voudrais interroger la pertinence et les limites du concept juridique de génocide. Il s´agira d´interroger le cadre de la pensée juridique et de son application, mais aussi, par-delà le droit, de mobiliser plusieurs disciplines, à commencer par l´histoire, l´anthropologie, la (psycho)sociologie et les études littéraires et culturelles. En lisant et en analysant certaines interventions parues ces derniers mois qui témoignent d’une grande créativité conceptuelle, j´examinerai quelques notions qui peuvent éclairer la nature de la violence à l’œuvre, comme « domicide », « medicide », « mnemocide », « espistemicide », « culturocide », « scholasticide », « urbicide », « ecocide » et « omnicide », ainsi que la proposition récente de faire de la « Nakba » un concept juridique (Eghbariah 2024) ou encore le concept de « Ashla´a » (Shalhoub-Kevorkian 2024).

La Chaire Marcel Liebman s’est tenue du 8 au 13 mai 2025 à l’Université libre de Bruxelles.

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